De PSA au RSA

Hier soir avant de me coucher, j’allume BFM-TV. Je tombe sur un reportage sur les licenciements en chaîne annoncés pour les semaines qui viennent : 6000 chez PSA, plusieurs “centaines d’emplois” pour la société Générale, 373 emplois en France et 1023 à l’étranger pour la BNP. Il faut faire des économies pour “rassurer les marchés”, et le travail coûte cher. Donc on fait sauter les salariés.

Puis la chaîne de l’info en continue poursuit sur l’autre sujet du jour. Sarko annonce le démarrage officiel du travail forcé à prix discount pour les bénéficiaires du RSA. Ces derniers seront obligés de travailler sept heures par semaine sous peine de se voir couper leur allocation. Vous me direz, ils seront payés à 95% du smic pour ce job. Mais en contrepartie, leur RSA “socle” (410€) se transformera en RSA “activité” dont le montant diminuera : au total ils ne toucheront que 130€ en plus par mois, soit un gain de seulement 4€ par heure travaillée ! Dès lors, pourquoi embaucher des salariés avec un vrai contrat de travail au smic horaire et à temps plein lorsqu’on a la possibilité de recourir à une main d’oeuvre obligée de bosser pour 4€ de l’heure et  de survivre avec 540€ par mois ?
Une “main d’oeuvre”, ou plutôt devrais-je dire des mendiants selon notre président qui, pour justifier sa connerie, nous explique qu’il souhaite “redonner de la dignité” aux plus précaires qui ne survivent “qu’en tendant la main”. Traduction : les pauvres sont des clochards qui veulent piquer les quelques sous qui traînent dans les poches des salariés. Et hop au passage, on monte une nouvelle fois les gens les uns contre les autres, pour éviter que le peuple ne se soulève contre le gouvernement.

Après avoir maté ces deux reportages à la queue leu leu, le scénario m’est apparu plus cohérent que jamais.
D’un côté on licencie massivement parce qu’un salarié avec un statut de droit commun ça coûte trop cher et ça ne “rassure” pas les marchés. De l’autre, on trouve le moyen de faire bosser les gens pour que dalle, dans des conditions qui ne leur permettent pas d’ouvrir leur gueule pour faire valoir leurs droits.
Au prochain épisode, ce gouvernement remplacera les salariés en CDI à temps plein par des bénéficiaires du RSA à tarif horaire ultra-compétitif. Et les ex salariés en CDI à temps plein viendront grossir les rangs… des bénéficiaires du RSA à tarif horaire ultra-compétitif.

Mais fais-gaffe Sarkozy, la “main tendue” des précaires, comme tu dis, pourrait bien se diriger vers ta joue.

2 Comments
  1. M.T. JACQUIER

    D’accord sur le fond, mais est-ce normal que la collectivité donne de l’argent sans aucune contrepartie ? Faire une contribution par un travail temporaire d’intérêt collectif, n’est-ce pas aussi refuser la mendicité – il faut appeler les choses par leur nom : recevoir de l’argent pour rien, cela équivaut à mendier. Si la collectivité se doit d’aider les gens en difficulté dans l’immédiat, cela ne doit pas devenir un système.

  2. cornet

    Je viens de lire votre article, et je me dis que rien n’a changé en l’espace de 30 ans. Il y a 30 ans l’est de la France était touchée par le chômage (Haute Marne). A Troyes (secteur du textile) les usines commençaient à licencier. Mes camarades de classe avaient leur père où leur mère qui n’avait plus de travail. Quand ce fut mon tour de chercher du travail, Miterrand et son gouvernement venait de pondre les TUCs travaux d’utilité collective payé l’équivalent de 220 euros (à l’époque nous étions au franc / chaque gouvernement brade sa jeunesse !), voilà ce que proposait ce gouvernement de gauche qui a multiplié le travail précaire, avec des stages qui ne débouchaient sur rien. Les boîtes d’intérim se sont mises à pullulaient en offrant des taux horaires bien plus bas que la personne que l’intérimaire remplaçait, la boîte d’intérim qui voulait gardait le client se gardait bien de revoir le taux horaire, l’employeur faisait la sourde oreille … Gauche comme droite : rien n’a changé. L’anpe a toujours été fournisseur d’emploi de négriers comme l’intérim (je crois savoir qu’en Europe la France est championne en matière de travail précaire) Le RSA (ou alors RMI, c’est kif kif pour celui qui le perçoit) a du être créé histoire d’éviter une révolution, qd les assiettes sont pleines le peuple se la ferme ! Sans rsa, sans restau. du coeur, sans la nourriture de hard discount (merci liddle) on aurait peut être pu l’avoir notre grand soir. Pendant 30 ans les gens ont consommés (à crédit biensûr), mais tant que le peuple avait une voiture (même à crédit) un ordi (même à crédit) … tout allait bien … seulement maintenant les banques sont moins généreuses et la machine se met en branle. Si il n’y avait que le chomage, mais il y a la justice bien pourrie, du côté du plus riche, du plus fort … rarement du côté de la victime (on laisse ts le temps aux escrocs d’organiser leur insolvabilité). Les prisons qui ne servent à rien, si encore on enfermait les bonnes personnes ! …. La vérité c’est que rien ne va dans ce pays dirigés par des Monarques. Votez gauche ou voter droite (je ne parle même pas du FN, dont je me demande si leurs électeurs ne sont pas des demeurés) c’est voter pour des gens qui nous ont menés là où nous sommes actuellement ! (la plupart des gens ne voteront jamais pour des petits partis avec excuse qu’ils ne seront pas là au 2ème tour). Je ne vais pas être très gentille mais le peuple c’est lapin dans un clapier : je b…., je bouffe, je chie … aucune conscience. L’élite elle est soudée, le peuple il s’est divisé par bêtise. Après les bas salaires arrive l’esclavage bosser quelques heures en échange de 450 euros. Maintenant on ne choisira plus son travail ! Faut dire qu’on choisit pas grand chose à part les yaourts au Franprix du coin ! (et encore depuis la hausse du pouvoir d’achat !). Courage à tout ceux qui veulent le système et n’oubliez pas que le 1er conditionnement de l’homme est de nous faire croire qu’on ne pourra rien changer.

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