Leïla Chaibi, le Front de Gauche, et la baraque à frites (article metronews 19/02/2014)

Cet article de Vincent Michelon est paru le 19 février 2014 sur le site metronews.fr, dans le rubrique « Le candidat du jour ». Vous pouvez le retrouver en ligne ici.

MUNICIPALES 2014 – Leila Chaibi, 31 ans, est la candidate du Front de gauche dans le 14e arrondissement de Paris. Cofondatrice du collectif Jeudi noir, elle veut dépoussiérer la campagne électorale. En guise de permanence, elle tient une baraque à frites itinérante.

Une petite barquette de frites, m’sieurs dames ? Leila Chaibi, 31 ans, a trouvé un moyen original pour se faire une place dans le 14e, où elle conduit la liste du Front de gauche. Une place – estimée à 7,5% dans un sondage récent – entre la médiatique Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) et la favorite, la socialiste Carine Petit.

Deux à trois jours par semaine, depuis début janvier, elle promène une camionnette dans l’arrondissement, équipée d’une friteuse et distribuant ses « french fries » au tout-venant. « Les frites, tout le monde aime ça », justifie la cofondatrice du collectif de mal-logés Jeudi Noir, ex-NPA entrée au Parti de gauche début 2011 pour devenir l’un des lieutenants de Jean-Luc Mélenchon. « Riches, pauvres, croyants, athées… La barquette leur met le sourire. »
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« Les frites, c’est plus efficace »

Quand elle installe son food-truck vers 18 heures, les estomacs se réveillent. « On distribue aussi des tracts. C’est sûr, les frites, c’est plus efficace. » Quelques SDF emportent quatre ou cinq barquettes pour faire leur repas. Les passants grignotent leurs frites et bavardent volontiers avec la candidate.

Le choix est stratégique. Leila Chaibi a investi son budget de campagne dans la location du camion snack, qui fait office de permanence. Elle ne s’autorisera qu’un seul meeting. « Les meetings, j’en ai fait lors des législatives (11,62% des voix en 2012 dans la 10e circonscription, ndlr). C’est comme organiser des réunions dans les préaux et les cafés et attendre que les gens viennent. Finalement, on se retrouve avec 99% de militants. »

« J’ai mis tout le monde devant le fait accompli »

Lors des législatives de 2012, la candidate du Front de gauche avait déjà sillonné le quartier avec une caravane occupée par une fanfare. L’idée de la baraque à frites a germé en novembre dernier, en toute discrétion. « Je ne voulais pas qu’on nous pique l’idée, explique Leila Chaibi. J’avais peur, aussi, qu’on me dise : ‘Leila, ce n’est pas comme ça qu’on fait de la politique’. J’ai mis tout le monde devant le fait accompli. »

Les camarades du Parti de gauche ont finalement apprécié la méthode, digne des « happenings » de Jeudi noir et du collectif de précaires L’Appel et la pioche, également cofondé par Leila Chaibi. « Notre candidat dans le 9e m’a même demandé s’il pouvait ouvrir une caravane à burgers dans son quartier », rigole la candidate. Son nom : Benoît Schneckenburger.

Vincent Michelon

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