Sur un air mélenchanteur (ma chronique Regards d’avril)

Un jour du mois de mars, Pascal, 29 ans, a débarqué à l’Usine, le local de campagne du Front de gauche :

– Bonjour, je voudrais participer à la campagne de Jean-Luc Mélenchon !

– Tu as des envies, des compétences particulières ?

– Je sais jouer de la guitare et j’aime bien composer des chansons.

– Bah, fais-nous des chansons sur le Front de gauche et on ira les chanter dans le métro en distribuant des tracts.

Ainsi sont nés les Mélenchanteurs.

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Vêtus de perruques multicolores et de costumes d’hommes-sandwichs aux couleurs du Front de gauche, nous avons suivi Pascal et sa guitare dans les rames du métro parisien. Sur des airs de chansons connues et de comptines enfantines, nous invitions les parisiens à rejoindre le Front de gauche.

En dehors de Pascal, personne ne savait vraiment bien chanter. Mais notre bonne humeur était communicative. Les gens nous souriaient et nos paquets de tracts s’écoulaient sans effort.

Depuis, on se retrouve tous les deux jours pour « mélenchanter ». Bien qu’il soit interdit de distribuer des tracts dans le métro, la plupart du temps, les agents de la RATP nous laissent faire. Ils ont été contaminés par notre insurrection joyeuse. Souvent, les musiciens que l’on croise dans les couloirs du métro tapent le boeuf avec nous. Ces moments-là sont magiques, on se croirait dans une comédie musicale.

Je me souviendrai toujours de cet accordéoniste, qui, la veille de la reprise de la Bastille, s’est mis à accompagner notre version de « Bella Ciao ». De chaque côté du quai, les gens avaient la banane et tapaient dans leurs mains.

Une autre fois, à un carrefour du souterrain de la station République, un groupe de jazz s’est installé à côté de nous. Pour les laisser bosser on allait leur laisser la place. Mais ils nous ont demandé de rester et ont repris les airs de nos « mélenchansons ». Les cuivres jouaient tellement fort qu’on n’entendait plus les paroles de nos chansons. Les hommes et femmes sandwichs Front de gauche se dandinaient en rythme. Une jeune inconnue a improvisé une danse. Puis un groupe entier s’est mis à danser. La station s’est transformée en fête pendant un bon quart d’heure.

Un jour, un couple d’aveugles nous a demandé de lire notre tract à voix haute. On s’est juré ensuite de passer commande auprès de l’équipe de campagne pour quelques versions en braille. Je me souviens aussi de ce vieil homme qui nous a lancé «  Ah ! Si la politique ça pouvait être comme ça tous les jours ! ».

Les Mélenchanteurs n’ont pas la prétention de rivaliser avec un discours de meeting ou un pamphlet idéologique. Juste une manière chaleureuse de rencontrer les gens. Et de faire de la politique en diffusant du bonheur.

 

Un aperçu avec ce petit clip de présentation des mélenchanteurs :

+ Un reportage du JT de TF1 en lien ici :

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