Un été post – révolution

Avant la chute de Ben Ali, le seul moment où les Tunisiens ouvraient la bouche c’était chez le dentiste. Jusqu’à la révolution du 14 janvier, la tronche de Ben Ali hantait chaque coin de rue, avec sa teinture capillaire aussi noire que sa dictature. Aujourd’hui, les bouches ne se lassent plus de s’ouvrir. Il est désormais possible de parler politique à voix haute, sans être forcé de guetter sans cesse la présence d’une oreille payée pour faire des rapports à la police.

Le 23 octobre 2011, lors de l’élection de l’Assemblée constituante tunisienne, j’irai voter. Binationale franco-tunisienne, je suis inscrite sur les listes électorales du pays du jasmin. Et honnêtement, avec plus d’une centaine de partis candidats, difficile de s’y retrouver, même pour quelqu’un qui vit dans un pays où on a l’habitude de pratiquer l’isoloir.

Cet été, en vacances dans la Tunisie postrévolution, j’ai partagé la fierté de ce peuple d’avoir viré la dictature et déclenché le Printemps arabe.

Mais hélas, la révolution démocratique n’a pas donné lieu à un grand soir économique. En ville et dans les sites traditionnellement touristiques, c’est le désert. Les hôtels et les restaurants sont vides. La révolution a fait flipper tous les touristes européens, partis claquer leurs euros ailleurs.

Dans le centre du pays, à Sidi Bouzid, région du martyr de la révolution Mohamed Bouazizi, le taux de chômage n’a pas baissé. Toujours la même galère pour les jeunes partis étudier à la ville, puis revenus garder les moutons au bled, faute de travail. Le bulletin de vote pour l’Assemblée constituante ne nourrit pas. Après la démocratie politique, l’urgence est de permettre une démocratie économique et sociale.

En me promenant dans les rues, j’ai été surprise par un nouveau phénomène de mode chez les femmes tunisiennes : le port du voile. Sous Ben Ali, soucieux de passer aux yeux de l’Occident pour un combattant de l’intégrisme, le port du foulard était interdit dans les lieux publics et les administrations. Alors certains, dont le parti islamiste Ennahda, ont voulu faire du voile le symbole de la résistance à la dictature.

Cet été, ma tante Fouzia était furax. Sa fille de 14 ans fait sa crise d’adolescence en portant le hijab. Le hijab, c’est le string des ados tunisiennes. Ses parents lui interdisent, elle le porte en cachette.

Or Ennahda, qui surfe sur une image d’islamiste cool, est positionné dans les sondages comme la première force politique. Quand mon oncle Lotfi, le rebelle de la famille, qui traîne parfois dans les bars pour boire des bières, me dit que le 23 octobre il votera Ennahda, je tombe des nues : « Ennahda, ils sont sérieux. Et puis tu vois, ce sont des islamistes laïques, ils veulent construire des bars à côté des mosquées, et laisser aux gens le choix d’aller où ils le souhaitent, au bar comme à la mosquée. »

L’« islamisme laïque » et le voile comme facteurs d’émancipation, ça me laisse sceptique. Je ne sais pas encore pour qui j’irai voter le 23 octobre, mais ce ne sera pas pour Ennahda.

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  1. Lètyac

    Vous savez Nous notre Révolution Française ce n’est pas en 1789 qu’elle débuta car tant que les peuples seront confondus avec les races et le bonheur avec l’Argent, Nul Projet Digne de ce Nom (Global, j’entends, de nombreuses initiatives sont remarquable : Système Économique Local, MAP…) ne peut aboutir, les conservateurs (Droite au Pouvoir sur la planisfère) s’y oppose farouchement… Que Dieu nous bénisse des Religieux avides de Pouvoir. Respect à Ceux qui Donne au Pauvre et donc féliciation à ceux qui le font chaque jour. Mettez les couverts pour celui qui en a besoin, En Occident, On jette des Tonnes d’Aliments aux Ordures. Qui sont les Ordures ?

    L’on ne peut ni espérer ni croire en Dieu Sur le simple constat que nos aïeux Furent manipulés par les représentants des cieux ; Firent les frais d’ecclésiastiques prétentieux !
    Dans la peur, sous le prétexte du châtiment, Les fidèles, leur chapelet, entre les dents, Leur missel égaré dans leur poche, sur les bancs Des églises, priaient ! Genouflexion du mécréant !
    Chaque Homme, chaque Nation, toutes peuplades Envisageaient la création – la régalade De nos âmes soumises – à une tyriade De divinités imaginaires, toutes puissantes mais malades…
    En leurs noms, l’homme méprise les êtres, Ne tolère les libertés, se targue de paraître, Nie les sentiments, les amours qui vont naître… Ubiquité ? De la misère, jamais, à plus d’un mètre !

    Je n’ai plus la force ni le courage d’écrire
    Mes écrits, retorses, ne font que pourrires,
    Les sujets de mes manuscrits ne sont pas des élixirs,
    Mais souffrances, pléonasmes voire fantasmes et délires !
    Des sanglots dans la plume me font vomir !

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