Une stupéfiante andouille

chaaarlie

Ma réponse à Charlie Hebdo :

Enfin un journal qui ose le dire ! Le crime aurait pu rester impuni, l’innocence une nouvelle fois bafouée mais heureusement un journaliste de droite a haussé le ton. L’agence de notation Moodys a été attaquée par de dangereux énergumènes. S’agit-il d’un nouveau forfait de Carlos ? Non, des militants du Front de Gauche et du collectif de précaires L’Appel et la Pioche accompagnés de Jean-Luc Mélenchon se sont invités quelques instants dans le spacieux hall parisien de la société aux triples A (ou pas). Mais « il ne sert à rien de nier qu’il s’agit d’un acte de violence » comme le rappelle heureusement notre journaliste AAA. Voilà, c’est fait : me voilà une terroriste, attaquant héroïquement à l’andouillette calomnieuse une sympathique société. Déjà mise à mal par Sarkozy lui-même, dans un moment d’égarement l’an dernier, lorsqu’il parlait des agences de notations à « l’attitude criminelle » qui (auraient dû) « être sanctionnées », voilà que des militantes et des militants ont l’outrecuidance de manifester. Et sans être invités, comme ça, aller hop, sans mandat ni référendum. Sans convier ce gentil journaliste aux festivités. Et il n’aime pas ça notre ami des banques, défenseur de la veuve et de la notAAAtion. Parce que ça, c’est encore un coup des sans-culottes rappelle-t-il, un de ses sales coups des faubourgs. Dans un élan lyrique où François Furet est appelé aux côtés de Karl Marx (?!), notre gentil journaliste nous prévient : ça commence avec des andouillettes et ça fini avec la guillotine ! Marx appréciera. Qu’il se rassure, ici c’est place au peuple, pas la place de grève. Jean Luc Mélenchon, dans un élan « inexact et stupéfiant » d’après notre ami de la justice, s’était alors élevé contre le bien fondé de ses agences. Moody’s et ses acolytes n’ont pas à être dénoncées ou surveillées. Après tout, lorsqu’elles ont notée l’UNEDIC pour que nos allocations chômage soient placées et « valables » sur les marchés financiers, cela ne nous concernait pas. Vraiment, quelle prétention nous avons ! Du haut de ses conseils avisés, notre me(r)veilleux journaliste nous signale qu’en finances ce ne sont point-là choses qui se règle à coups d’andouillettes. Évidemment, lorsqu’on montre la lune, lui fait un autre choix. La révolution se réduirait-elle à un happening comme le suggère cet abonné des pages saumon ? Sûrement pas, mais ça ne nous empêchera pas de continuer à leur rappeler qu’on existe et que s’ils ont les chiffres, nous on a le nombre.

PS : Ah, et on me dit que notre journAAAliste est de Charlie Hebdo. Comme quoi, pour lui comme pour nous, la gauche n’est plus ce qu’elle était.

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