Qui suis-je ?

Depuis le 26 mai 2019 je suis députée européenne. A Bruxelles et à Strasbourg, avec mes cinq autres camarades de la délégation France insoumise, je défends l’Avenir en commun au sein du groupe de la GUE/NGL.

S’il s’agit de mon premier mandat d’élue, je n’ai pas attendu d’être au Parlement européen pour défendre ces idées. J’ai commencé à militer en 2001, à Toulouse, au syndicat Sud Etudiant. Puis mon engagement s’est forgé au fil des événements qui sont tombés sur la tête de ma génération : les réformes successives de l’université, le sinistre 21 avril 2002 avec Le Pen au deuxième tour des présidentielles, les mobilisations altermondialistes du début des années 2000 avec en 2003 le contre-sommet du G8 d’Evian…
En septembre 2005, mon diplôme en poche, je débarque à Paris pour un stage. Le collectif de lutte contre les abus de stages, Génération Précaire, se constitue à ce moment là, et je me greffe à l’aventure en multipliant les happenings. Un an plus tard, à quelques-uns on monte le collectif Jeudi Noir, pour “faire péter la bulle immobilière et obtenir une régulation des loyers”. Dans la joie et la bonne humeur, on improvise des crémaillères festives dans des appartements louer trop chers, sous les yeux médusés des propriétaires véreux, puis par la suite on va aller jusqu’à réquisitionner des bâtiments vides dans Paris.
Je fonde un peu plus tard le collectif L’appel et la pioche dans le but de lutter contre la précarité. Nos cibles? Les agences de notation comme Fitch Rating ou encore la grande distribution chez qui nous organisons des dizaines de “pique- niques en supermarché” pour dénoncer la baisse du pouvoir d’achat et les marges excessives de la grande distribution, au cri de “Ils nous carottent, carottons-les!”

Au rythme de ces combats, et face à l’inaction des politiques au pouvoir, je prend conscience que pour donner un débouché politique aux luttes sociales il est nécessaire d’agir sur le terrain politique. C’est ce qui me motive à rejoindre le NPA à sa création 2009, que je quitte en 2011 pour rejoindre le Parti de Gauche avec pour objectif le rassemblement de la gauche alternative de transformation sociale. Au Parti de Gauche je deviens secrétaire nationale en charge de l’abolition du précariat. Candidate du Front de Gauche aux élections législatives de 2012 à Paris (13-14e arrondissement) puis aux municipales de 2014 (Paris 14e arrondissement) où je fais campagne avec une enthousiasmante baraque à frites ambulante, je fais une pause militante de deux ans afin de me consacrer à ma vie professionnelle en tant que chargée des actions citoyennes pour une mairie populaire de la banlieue parisienne.

En 2016, au moment de la mobilisation contre la loi Travail, je remets le doigt dans le militantisme grâce à François Ruffin. Avec sa bande et de nombreux activistes noctambules nous lançons l’occupation de la place de la  République. Cela a donné ce formidable bouillonnement qu’a été Nuit Debout.

Cet engagement militant et politique a toujours été bénévole. Comme on ne vit pas d’eau fraîche, j’ai enchaîné les contrats précaires dans le secteur associatif durant une dizaine d’années, avant de devenir fonctionnaire  territoriale au service des habitants des quartiers populaires.

Toutes ces expériences ont été joyeuses et pleines d’une formidable énergie.
Celles-ci alimentent aujourd’hui mon mandat au Parlement européen. Je ne doute pas qu’il en faudra face à cette Europe technocratique et libérale.

Pour construire l’Europe des Peuples, avec nos ami·es d’Espagne, d’Italie et d’ailleurs, avec tous ceux et toutes celles qui veulent mettre l’humain au centre, nous allons nous organiser. Nous allons tisser les colères, les aider à se transformer en mouvements à l’échelle du continent et obtenir des victoires en chantant Bella Ciao à l’Europe des marchés.

Leïla Chaibi